Spartacus (1931)

Nous avons très peu d’éléments sur le journal Spartacus qui paraît de mai à octobre 1931, en tout 5 numéros. Nous ne savons pas s’il y en a eu d’autres. Le responsable-gérant des 3 premiers numéros est André Prudhommeaux puis pour les 2 suivants, il s’agit de Dominique Attruia [1] Nous ne savons rien de plus que peut nous apprendre la biographie d’André Prudhommeaux [2] parue dans le dictionnaire des militants anarchistes dont nous extrayons le passage suivant :

(…) En 1926-1927, il était à Grignon préparateur-auxiliaire au laboratoire de recherches et d’analyses du ministère de l’Agriculture, avant d’être renvoyé de son poste de micrographe-chimiste pour son action politique. Il était en effet membre du groupe oppositionnel d’Albert Treint, le Redressement communiste, avec lequel il rompit publiquement le 1er décembre 1928 lors d’une réunion avec des militants de Contre le courant. Il venait de se marier à l’automne 1928 avec Dora Ris (née le 8 novembre 1907 à Lindau, Suisse), dite Dori, et ouvrit au 67 boulevard de Belleville (Paris, XIe arr.) une Librairie ouvrière pourvue d’une documentation sur les questions révolutionnaires. Elle devint un centre de rencontre et de débat pour les communistes oppositionnels proches de la gauche italienne. Avec un groupe de camarades italiens venus du bordiguisme tel Michelangelo Pappalardi, il participa avec son ami Jean Dautry à l’Ouvrier communiste (août 1929-mai 1930), organe des groupes ouvriers communistes, qui prit la suite d’un éphémère Réveil communiste, organe du Groupe d’avant-garde communiste.
Ce groupe entreprenait "la critique radicale du léninisme comme méthode de domination d’une caste politicienne sur les tendances spontanées du prolétariat révolutionnaire d’Occident" comme le proclamait un éditorial de l’Ouvrier communiste" (n° 9/10, mai 1930). Le GOC condamnait radicalement la stratégie léniniste de nécessité d’un parti bolchevique, l’alliance avec les sociaux-démocrates et certaines couches de la bourgeoisie, l’utilisation du Parlement et des syndicats. Ces réflexions étaient inspirées des thèses du communiste hollandais Hermann Gorter dont Prudhommeaux traduisit la Réponse à Lénine éditée par la Librairie ouvrière en juillet 1930. Le groupe était en liaison avec les mouvements allemands et hollandais se réclamant du communisme des conseils ainsi qu’avec la revue littéraire Die Aktion de Franz Pfemfert.
Pendant l’été 1930, André et Dori Prudhommeaux firent un voyage en Allemagne afin d’y rencontrer des militants du Kommunistische Arbeiter Partei et de l’Allgemeine Arbeiter Union Deutschlands et d’y rechercher des documents sur les mouvements révolutionnaires issus du spartakisme. Cette enquête aboutit, dans un premier temps, à la publication de trois numéros [3] d’un nouveau périodique intitulé Spartacus (mai-juillet 1931) dans lequel Prudhommeaux se livrait à une étude approfondie de la révolution allemande et des conséquences idéologiques et tactiques à tirer de cette première tentative révolutionnaire dans un pays capitaliste avancé. Il publia notamment les derniers articles de Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht ainsi qu’une traduction du Manifeste des ouvriers et marins de Cronstadt, texte qui exerça une influence importante dans son orientation ultérieure vers l’anarchisme.
Après son retour à Paris et la fermeture de sa librairie, André Prudhommeaux exerça les professions de laveur de vitre et de chauffeur, avant d’être appelé en 1931 à la tête de l’imprimerie coopérative La Laborieuse à Nîmes (Gard). Sous une forme plus aboutie, André et Dori Prudhommeaux publièrent la brochure Spartacus et la commune de Berlin 1918-1919 (Masses, n°15/16, 1934) grâce à R. Lefeuvre. Un ultime voyage en Allemagne en 1934 fut rapidement interrompu par leur arrestation et une courte incarcération à la prison de Dortmund.
Il fit ses adieux "au marxisme, même spontanéiste et sans parti" dans l’unique numéro du journal le Soviet. Plus tard, il revint sur cet épisode dans (Ce qu’il faut dire (n° 33, septembre 1946). En septembre 1932, avec J. Dautry, il fit paraître un nouveau bulletin bimensuel la Correspondance internationale ouvrière inspirée par "(une vue non-systématique, non-doctrinaire du mouvement prolétarien et de la révolte sociale sous toutes ses formes" qu’il publia jusqu’en mai 1933 (…)


Sommaires de Spartacus (1931)


[1Il a écrit deux articles dans la Correspondance Internationale Ouvrière des 25 septembre et 26 novembre 1932, ainsi qu’un article dans la Révolution Prolétarienne numéro 172 du 10 avril 1934 où il se présente comme un prolétaire.

[2Voir de même le texte de Philippe Bourrinet que nous avons mis comme présentation des journaux Le Réveil Communiste et L’Ouvrier Communiste.

[3Il nous reste à savoir dans quelle mesure A. Prudhommeaux participa à la rédaction des numéros 4 et 5 de Spartacus.


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