Rebelles (1982)

Publications du collectif de soutien aux prisonniers politiques "Rebelles". Cette structure rassemblait, outre des proches d’Action directe, des militants et activistes de la gauche radicale dont des membres du PCI.

Présentation du Collectif Rebelles tiré n°354 du Prolétaire, journal du PCI :

Au cours de la campagne menée pendant l’été 1981 pour la libération des prisonniers politiques (militants d’Action Directe, Combattants Communistes, Autonomes, Basques, etc.) est apparu au sein du Collectif Unitaire le besoin de poursuivre un travail en direction des prisonniers.
En effet, le changement de gouvernement, l’amnistie arrachée, ne changent en rien la nature de classe de la répression dans et hors des prisons. Un noyau de militants a donc constitué les bases d’une organisation permanente de lutte - le Collectif Rebelles - "contre les prisons, contre la répression" et publie le Journal "Rebelles".

Les besoins et les tâches inscrits dans sa plateforme répondent à une exigence effective pour la lutte prolétarienne :

  • "Favoriser les liens entre les prisonniers combatifs, faciliter les relations les plus étroites entre ceux qui luttent dans les prisons et hors des prisons.
  • Diffuser le plus largement les expériences de lutte carcérale.
  • Contribuer au débat sur le sys tème répressif : connaître l’ennemi, le fonctionnement de son système de répression et de contrôle.
  • Donner une importance particulière aux expériences de lutte et aux débats qui se mènent dans les autres pays.
  • Participer à rendre collective et offensive la résistance au système répressif dans tous les secteurs de la population qui y sont confrontés : détenus, familles de prisonniers, mais aussi ceux qui dans les cités, dans les banlieues, de par leur statut social et leurs actes, sont les ennemis de l’ordre bourgeois."

    Cette plateforme traduit indéniablement une réelle volonté de combattre l’isolement dont sont l’objet les prolétaires détenus et pose certaines bases indispensables à une renaissance d’une solidarité de classe et de lutte contre la répression bourgeoise.
    Si les perspectives de travail avancées nous semblent correctes, la plateforme aurait néanmoins gagné à éviter des formules du genre : "La société que nous voulons est une société sans prison". Il est sûr que la société future sera sans prisons, mais pour y parvenir, il faudra bien que la classe ouvrière fasse preuve d’autorité : se passera ­t­elle de prisons ? Ceci pour montrer que de telles affirmations soulèvent nécessairement une discussion programmatique, et ne peuvent être acceptées que par des courants politiques déterminés, ce’ qui n’est nullement nécessaire à la discipline de lutte d’un tel comité et peut même la gêner.
    D’autre part il ressort de la lecture de la plateforme que la participation à cette lutte exigerait l’acceptation a priori d’une analyse politique particulière de la répression, ce qui n’est pas vrai.
    Toutefois le travail déjà engagé permet le dépassement de ces deux défauts et donne les moyens d’affronter les difficultés de la situation actuelle : l’absence de luttes significatives rend très difficile les tâches d’intervention et de sensibilisation des prolétaires pour le sort de leurs frères de classe détenus. Ces tâches rendues indispensables par le nombre même des détenus (30.000 actuellement) devront nécessairement s’étendre en direction des prolétaires en lutte. Car c’est la lutte sociale elle­-même qui montre qu’inévitablement une lutte combative et déterminée s’affronte à la répression. Mais aussi le com bat contre la répression est une exigence car il permet de combattre les tentatives de la bourgeoisie pour terroriser et paralyser les prolétaires par l’étalement de son arsenal juridico­-policier.
    Le besoin de la lutte contre la répression doit s’inscrire, notamment grâce à l’action de tels comités, dans le combat des prolétaires au même titre que la lutte contre l’exploitation quotidienne.
    La participation, même modeste, de Rebelles à la lutte contre la répression dont ont été victimes les squatters turcs montre la possibilité d’un travail réel de solidarité prolétarienne.



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