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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Rapport des délégués - Racovski (Balkans)
Deuxième journée – 3 mars 1919
Article mis en ligne le 14 mars 2019
dernière modification le 5 mars 2019

par ArchivesAutonomies

Rapport de RACOVSKI (Fédération révolutionnaire balkanique)

Au nom de la Fédération balkanique qui a été créée en 1915 et qui comprend les partis roumains, serbes, grec et une partie du parti bulgare les "Tesnjaki" [1] — je voudrais apporter un complément d’information.

Cette fédération a pris position contre la guerre dès sa fondation, et cela avant la conférence de Zimmerwald, et a agi dans ce sens pendant toute cette période. Le parti roumain s’est transformé petit à petit en un parti communiste et s’est par conséquent aussi appelé parti communiste. En Roumanie, les conditions se développent dans un sens favorable à la révolution ; mais beaucoup de choses dépendent aussi de l’avance de l’Armée Rouge ; le contact avec elle donnera sans aucun doute une grande impulsion du mouvement révolutionnaire. Mais il s’est déjà passé, au cours des dernières années, des événements importants : les soldats ont refusé de participer à des manifestations monarchistes, ce qui a provoqué des heurts armés. Même s’il n’est pas possible de prévoir le moment du déclenchement de la révolution, il n’y a pourtant aucun doute que les conditions se développent en Roumanie dans un sens ouvertement révolutionnaire.

En ce qui concerne le parti bulgare, c’est-à-dire le courant révolutionnaire connu sous le nom de "Tesnjaki", il est demeuré dès le début de la guerre sur le point de vue de classe internationaliste ; son agitation et sa propagande ont contribué à accélérer la défaite de l’impérialisme allemand, son influence est en croissance permanente, favorisée en cela par les conditions économiques en Bulgarie.

Le parti serbe a malheureusement abandonné le point de vue de classe qu’il avait pris au début de la guerre. Tout le monde se souvient comment le parti serbe se manifesta de manière courageuse et conséquente lorsque ses députés refusèrent de voter les crédits de guerre et firent une déclaration extrêmement conséquente dans un moment très difficile et se laissèrent guider par elle. Tout le monde se souvient égaiement de la prise de position du camarade Kaclerovic [2] à Kienthal. Mais au cours du temps, Kaclerovic ainsi que Popovic [3] — les représentants officiels et marquants du parti passèrent au social-patriotisme, notamment après leur séjour à Stockholm. Il est dommage qu’un parti qui, au début de la guerre, a pris une position si courageuse, se soit mis dans le sillage social-patriotique.

Le camarade Milkic demande la parole pour une rectification.

Le camarade Racovski lit une série de saluts qu’il a reçus des participants oppositionnels de la conférence de Berne et qui tous dénotent une forte orientation à gauche. Ces saluts sont caractéristiques de la conviction qui s’est formée également chez des éléments jusqu’alors hésitants, que l’on est à présent à la croisée des chemins. Ou bien l’on rompt définitivement avec la II° Internationale, ou bien il faut s’attendre à être considéré comme un ennemi de la classe ouvrière. Il n’existe plus de voie intermédiaire pour les hésitants.

(Suite des rapports)