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Les grèves de 1870 et la Commune de 1871 au Creusot - Pierre Ponsot
I - Le Creusot avant 1870
Article mis en ligne le 30 janvier 2018
dernière modification le 10 février 2018

par ArchivesAutonomies
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Le Creusot, petite ville du département de Saône-et‑Loire, arrondissement d’Autun, a son nom inscrit dans l’histoire de l’industrie française et dans l’histoire des luttes ouvrières. Sa renommée a été portée dans le monde entier sur les canons ou les ponts métalliques sortis de ses usines, quelquefois aussi par la nouvelle d’une flambée de révolte ouvrière ; et le nom de Schneider est devenu en France le symbole du grand capitalisme industriel. C’est le récit de l’une de ces explosions que nous voulons apporter dans ces pages, celle de 1870-1871. Mais elle ne se comprendrait pas si nous ne résumions auparavant l’histoire conjointe de l’usine et de ses travailleurs, des sociétés patronales et des militants et organisations ouvrières jusqu’à la fin du Second Empire.

I

LE CREUSOT AVANT 1870

Le Creusot, c’est dès le début la grande industrie, concentrée, à l’avant-garde du progrès technique, alors que dominent encore dans la production industrielle l’artisanat et la petite industrie. Dès le XVI° siècle, on extrait le charbon du sous-sol et, comme il y a du minerai de fer dans la région, de petites forges s’y installent, qui grandissent au XVIII° siècle. En 1785, est mise en route la première grande usine, par une société patronnée par l’Etat, dont Louis XVI est le principal actionnaire ; elle occupe 1,500 ouvriers et pratique la fonte au coke dans ses hauts fourneaux [1]. Elle produit armes et canons sous la Révolution et sous le Premier Empire. En 1818, la paix la met en faillite, et M. Chagot, fondateur de la puissante dynastie industrielle qui régnera bientôt à Montceau-les-Mines, la rachète avec la concession houillère. Les sociétés propriétaires se succèdent de crise en crise jusqu’en 1836, année qui marque un nouveau départ pour Le Creusot : les frères Schneider se rendent acquéreurs de toutes les installations, mines et usines, soit 281 hectares sur les 460 de la commune. C’est le début d’une prodigieuse fortune pour cette famille qui, de père en fils, n’a cessé de régner au Creusot jusqu’à nos jours, tout en créant un énorme monopole aux ramifications internationales.

D’où vient le succès étonnant de ces obscurs maîtres de forge lorrains, là où tant d’autres ont échoué ? De leurs appuis d’abord, sans doute : leur cousin, le général Schneider, est député influent, ministre de la Guerre de Louis-Philippe en 1839-40 [2] ; ils sont employés et protégés de la puissante banque Seillière ; ils ont épousé — les affaires avant tout — les filles de deux grands manufacturiers : Neuflize, de Sedan, et Boignes, de Fourchambault. Des conditions favorables du moment, aussi, quand l’industrie française prend vers 1840 un essor .qui culminera sous le Second Empire, exigeant toujours plus de fonte, de fer, de machines — conditions nouvelles qu’ils ont le mérite de comprendre dès leurs débuts. Ils abandonnent provisoirement les fabrications d’armement, sortent en 1838 la première locomotive française ; un de leurs ingénieurs invente ,le marteau-pilon en 1841. En même temps ils inaugurent une politique de paternalisme "avancé" et de participation officielle et active aux affaires publiques, qui sera jusqu’à la fin du XIX° siècle une caractéristique essentielle de "l’esprit maison" : premiers logements ouvriers et caisse de secours vers 1838 d’une part, occupation des postes de maire, conseiller général et député d’autre part ; les maîtres du Creusot se croient ainsi, à l’abri de cette double digue, protégés contre la concurrence de leurs rivaux et contre toute révolte de la masse sans cesse grandissante d’ouvriers, tirés des campagnes voisines du Morvan par l’espoir d’une vie meilleure, dont l’exploitation capitaliste va assurer la fortune de la Société Schneider et Cie. De fait, cette domination s’est perpétuée en se renforçant jusqu’à nos jours, et les descendants d’Eugène Schneider (1805-1875) vivent encore du travail des arrière-petits-fils des paysans bourguignons prolétarisés vers le milieu du siècle dernier ; mais le "système protecteur" mis au point s’est révélé impuissant à éviter des crises de plus en plus graves pendant lesquelles les ouvriers creusotins entrevoient l’espoir d’une libération sociale chaque fois plus certaine et plus proche. Trois grandes crises, trois grandes révoltes jalonnent l’histoire du mouvement ouvrier au Creusot au XIX° siècle : 1848, 1870-71, 1900. Après chacune, l’exploitation s’est appesantie un peu plus, pour un temps.

* * *

1848 : la crise économique secoue la Société du Creusot, le régime de la monarchie de Louis-Philippe menace d’entraîner dans sa ruine le pouvoir politique de E. Schneider, les ouvriers revendiquent de meilleures conditions d’existence et leur participation au pouvoir, au Creusot comme à Paris ! La jeune société industrielle "Schneider et Cie" va-t-elle connaître le sort de ses devancières ?

E. Schneider se révèle un maître-tacticien des luttes sociales — il le montrera encore en 1870. Il comprend qu’il faut temporiser et jeter du lest, provisoirement. Sa municipalité, dirigée par le directeur de l’usine, se proclame donc républicaine et amie de la liberté conquise sur les barricades parisiennes, arbore le drapeau tricolore, plante un Arbre de la Liberté. Les ouvriers ouvrent un club, formulent leurs revendications, commencent un mouvement de grève. Le Gouvernement provisoire délègue aussitôt un Commissaire spécial de la République "pour concilier tous les intérêts et ramener le travail dans chaque atelier". Dix délégués ouvriers négocient avec la Direction sous l’arbitrage du Commissaire, et le 17 mars une convention est signée, qui enregistre les concessions patronales : augmentation des salaires d’environ 15 %, mais aussi le désir de compromis des ouvriers, "voulant contribuer autant qu’il est en eux à l’affermissement de la République et au maintien du bon ordre" [3]. Leur seconde grande revendication, la participation au pouvoir politique ; aboutit également à un compromis : une nouvelle municipalité est nommée, comprenant trois ouvriers, dont le président du club, Victor Heitzmann, aux côtés des chefs de l’usine. Quand il faut élire un député à l’Assemblée constituante, en avril, ce sont les ouvriers eux-mêmes qui vont offrir la candidature à l’ingénieur en chef Bourdon ; celui-ci déclare que sa sollicitude ira aux questions sociales relatives aux travailleurs [4], et se place sous le drapeau de Lamartine ; il est élu triomphalement. Ainsi, aux concessions tactiques et au libéralisme de commande de E. Schneider répond l’esprit "quarante-huitard" des ouvriers, idéalisme généreux et crédule dont la suite va montrer qu’il est loin d’être partagé, de son côté, par la Société patronale.

En effet, en juin, les difficultés commencent. Les dirigeants des ouvriers sont attaqués, malgré leur modération. La situation économique s’aggrave, le chômage partiel sévit. L’insurrection des ouvriers parisiens et leur massacre, pendant les journées de juin, surviennent après la rupture entre la classe ouvrière et la bourgeoisie républicaine et le début du reflux de la vague révolutionnaire. E. Schneider juge le moment propice pour revenir sur ses concessions. La municipalité est reprise en main. Aux élections pour la présidence de la République le 10 décembre, Raspail, candidat socialiste, n’obtient que 15 voix dans le canton du Creusot (Montcenis), contre 3 352 à l’aspirant-dictateur Louis Napoléon Bonaparte.

E. Schneider s’occupe activement, en effet, de l’organisation en Saône-et-Loire du "Parti de l’Ordre", qui unit l’aristocratie et la grande bourgeoisie devant le "péril rouge". Péril qui semble se réveiller dans le département où la liste démocrate-socialiste est élue en entier aux élections législatives du 13 mai 1849, avec notamment 73 % des voix au Creusot ; et parmi les élus se trouve Heitzmann, le leader ouvrier du Creusot ! Un ouvrier de M. Schneider siège à l’Assemblée ! Audace vite punie d’ailleurs, car Heitzmann compromis dans une insurrection manquée en juin [5] doit fuir à l’étranger. La Société Schneider entreprend une campagne contre la convention de mars 1848, qui aurait été "imposée" par un "agent révolutionnaire" (le Commissaire du Gouvernement, émule de Louis Blanc et de sa Commission du Luxembourg [6]) et annonce une réduction des salaires à la mine. Les mineurs résistent en déclenchant la grève (6-16 mai 1850) qui amène pour la première fois l’occupation du Creusot par la troupe et des incidents sérieux ; la répression brutale impressionne vivement les ouvriers dont les traditions de lutte des classes sont encore faibles et laissera des souvenirs durables.L’année 1851 va amener la fin de la crise et le retour de l’ordre "schneiderien". E. Schneider se rallie ouvertement à Louis Bonaparte, qui le fait ministre du Commerce en janvier ; c’est un symbole pour les ouvriers creusotins qui en 1848 se réjouissaient de voir un de leurs frères de classe — l’ouvrier Albert — au gouvernement. Le chômage régresse, le prix du pain baisse. Les ouvriers sont déçus par les chefs petit-bourgeois du parti montagnard (démocrates-socialistes). Ainsi s’explique l’inaction du Creusot au moment du coup d’Etat de Louis Bonaparte, en décembre, malgré la vigueur de la riposte républicaine en de nombreux points du département. Et c’est une énorme majorité de "oui" qui approuve Bonaparte, au Creusot, lors du plébiscite du 20 décembre. La République bourgeoise n’a rien changé au sort des travailleurs du Creusot malgré ses promesses : ils la laissent abattre avec indifférence, voire même avec un espoir confus dans le bonapartisme qui leur promet "l’extinction du paupérisme". Encore une illusion qui se dissipera à leurs dépens !

* * *

Le Second Empire est l’époque des progrès gigantesques de l’usine du Creusot qui se hisse au premier rang en Europe continentale. Le système paternaliste qui doit empêcher pour toujours le retour des révoltes ouvrières, avec au besoin la protection du sabre bonapartiste, atteint sa perfection. Car Eugène Schneider joue à fond la carte "impériale", comme il avait joué la carte Louis-Philippe ; la République devient trop facilement "démocratique et sociale", l’Empire, c’est la paix... au Creusot ! En fait, pendant dix-huit ans, l’Ordre règne dans les ateliers et dans la ville, tandis que les profits montent.

L’usine ne cesse de s’agrandir à partir de 1852. La guerre de Crimée (1854-56) réintroduit au Creusot les fabrications de guerre qui lui évitent de ressentir la crise économique en cours (machines pour vaisseaux de guerre et blindages).

Les profits ainsi réalisés permettent, avec les spéculations financières de M. Schneider [7], les transformations et modernisations nécessaires dans la période suivante pour résister à la concurrence anglaise ; une nouvelle forge, moderne et colossale, est créée en 1861 ; la production de rails, locomotives, bateaux à vapeur, etc. s’intensifie. En 1867, nouvelle étape : la fabrication de l’acier apparaît au Creusot ; la Société achète de nouvelles mines de fer et de charbon (Montchanin, La Machine) dans la région. Le nombre des ouvriers est passé de 1 700 en 1836 à 10 000 en 1869, le chiffre d’affaires de 10,3 millions en 1847 à 35 millions en 1865.

En même temps la ville croît rapidement, passant de 2 700 habitants en 1836 à près de 24 000 en 1866, se haussant ainsi au premier rang des villes de Saône-et-Loire. La natalité y est énorme (59 naissances par 1 000 habitants en 1863 !) mais l’accroissement se fait surtout par l’immigration des jeunes paysans du Morvan et de toute la Haute-Bourgogne. Parallèlement s’est formée une petite bourgeoisie de commerçants, artisans, professions libérales, qui supporte de plus en plus mal sa subordination à la Société et la mainmise totale de celle-ci sur l’administration municipale. Son mécontentement va bientôt rejoindre celui des ouvriers, dont les conditions de vie n’ont cessé de se détériorer pendant que les profits patronaux grandissaient.

Le niveau de vie des ouvriers creusotins a baissé en effet de façon sensible de 1851 à 1869 : ils ont subi une paupérisation relative et absolue. C’est ce qui ressort d’une étude comparée de l’évolution des salaires, des prix et de la durée du travail. La baisse du salaire réel de 10 % environ n’est pas compensée par le progrès des "avantages sociaux", ces institutions patronales — caisse de prévoyance (alimentée par une retenue de 2,5 % sur les salaires), bureau de bienfaisance, logements ouvriers, etc. qui caractérisent le paternalisme modèle de la Société, et dont les maigres avantages pour une minorité sont contrebalancés par la dépendance absolue qu’ils imposent à l’ouvrier. Ainsi la consommation de viande et de vin par habitant est-elle moindre au Creusot qu’à Paris, les conscrits de la commune se distinguent par leur petite taille au conseil de révision, et l’âge moyen de la vie n’est que de 24 ans au lieu de 33 à Paris, vers 1867. C’est d’ailleurs très consciemment que les salaires sont calculés au plus juste, ni trop bas ni trop haut, comme l’explique A. P. Deseilligny, directeur de l’usine jusqu’en 1866 et gendre de E. Schneider :

En France depuis trente ans des salaires plus élevés ont permis aux ouvriers de mieux se nourrir ; dans beaucoup de professions il est arrivé que ce supplément de dépenses n’a pas été inutile (sic) et que l’homme fortifié par une nourriture substantielle a pu produire davantage... Mais s’il est utile... d’avoir des salaires suffisants, il est fort dangereux d’avoir des salaires exagérés. Or avec une population immorale, il faut payer finalement non pas seulement la dépense du nécessaire, mais celle du superflu. Le budget du vice vient s’ajouter à celui de la famille, et c’est presque toujours alors qu’arrivent, comme de tristes conséquences, les mécontentements, les réclamations et les grèves [8].

Autrement dit : enseignons la morale et payons au juste prix pour encourager la productivité tout en évitant les grèves !

Les conditions mêmes du travail à l’usine et à la mine ont empiré. L’ancien travail semi-artisanal, avec des heures de labeur "poreuses", coupé de repos, ou de séjours à la campagne pour les travaux agricoles, a fait place au travail industriel moderne (pour l’époque : on fait encore mieux de nos jours !). Un enquêteur plein de partialité en faveur de Schneider nous décrit ainsi le travail des puddleurs :

Cet ouvrier dont on exige tant d’habileté et de sang-froid, est placé à la bouche d’un four, l’œil fixé sur une sole enflammée d’où s’exhale une chaleur de 1,500°, celle du blanc soudant. Qu’il éprouve un moment de vertige, que son regard se trouble à suivre le métal en fusion et il en résultera un dommage dont il aura à supporter sa part s’il travaille à la tâche. Cette tâche il ne la remplit pourtant qu’inondé de sueur et dévoré d’une soif ardente, et, ce qui est plus triste à dire, en abrégeant la durée de sa vie. L’ouvrier en a la conscience et il persiste : l’industrie est pleine de ces héroïsmes obscurs [9].

Quant aux mineurs, c’est pire encore, d’après le tableau que nous trace J.-B. Dumay du travail dans les mines de fer de Mazenay, près du Creusot, appartenant à la Société :

Les galeries ont de 7 à 8 m. de large sur 50 à 60 cm. de haut. Deux mineurs côte à côte dans cet enfer travaillent couchés chacun sur un côté opposé, pour ne point se gêner mutuellement. On imagine facilement qu’une pareille situation pendant 10 heures par jour, souvent 12, est un véritable supplice.., surtout lorsqu’il y a, comme c’est souvent le cas, 2 ou 3 cm. d’eau. Ce travail est d’autant plus meurtrier qu’en raison de l’humidité qui règne dans la galerie, les ouvriers ne peuvent se reposer quelques minutes sans ressentir des frissons, il faut recommencer de frapper plus fort pour s’échauffer... les déblayeurs sont aussi obligés de se mouvoir dans toutes les positions pour charger leurs petits wagonnets [10].

Ainsi se forme parallèlement aux transformations de l’industrie un prolétariat nouveau, lié corps et âme à l’usine géante qui l’exploite, mais qui ne va pas tarder à prendre conscience de sa force.

Un revirement dans les sentiments politiques des ouvriers s’opère en effet vers 1858, année de crise où se font entendre les premiers grondements : des affiches manuscrites malhabiles menaçant les dirigeants de la Société et signées "Un bon républicain". Le régime bonapartiste ne fait plus illusion désormais, d’autant plus qu’il se confond avec le régime "schneiderien" du Creusot : Napoléon III nomme en 1867 Eugène Schneider président du Corps législatif. Si aux élections législatives de 1863 E. Schneider, candidat officiel du gouvernement, et unique, recueille encore 3 706 voix sur... 3 707 [11], il n’en va pas de même en 1869. Un petit groupe de jeunes ouvriers et de petits commerçants et artisans, qui prend bientôt le nom de "Cercle d’études sociales", fait depuis 1868 une active propagande républicaine et antischneiderienne, animée par un tourneur de 27 ans, Jean-Baptiste Dumay [12]. Il soutient aux élections législatives de 1869 contre E. Schneider un candidat bourgeois mais libéral d’opposition, et celui-ci obtient près de 800 voix au Creusot. E. Schneider marque l’importance de ce vote en renvoyant, dans les deux mois qui suivent, 200 ouvriers suspectés d’avoir voté contre lui, mais le mécontentement n’en est que plus vif, rejoignant celui de la petite bourgeoisie qui réclame une certaine autonomie économique et la gestion des affaires municipales. Un petit journal local qui fait de l’opposition antischneiderienne et antibonapartiste sous une forme satirique, Le Sifflet, décrit ainsi la situation du Creusot en 1869 :

Le Creusot est un petit empire, une petite Russie. Il est gouverné sans contrôle par un czar... c’est à qui s’ingéniera à lui être agréable, c’est à qui lui dira qu’il est grand, qu’il est bon, qu’il est aimé. A les entendre Le Creusot serait un pays de cocagne, un paradis, où des élus chantent sans fin les louanges d’un père adoré, d’un maître vénéré, presque d’un dieu. Si quelque malappris s’avise de ne pas prendre part à ce concert sublime, vite il est signalé, conspué ; si ce n’est pas le diable en personne, c’est un de ses suppôts, un parent des mauvais anges [13].

Le mécontentement n’allait pas tarder à se muer en révolte, dès que les conditions seraient favorables [14].

Notes :

[1Grande nouveauté pour cette époque où la fonte au bois dominait partout ailleurs en France.

[2Et depuis la loi de 1810 sur les concessions de mines il est intéressant pour une société d’avoir des appuis gouvernementaux, pour bénéficier des concessions et avantages laissés à la discrétion du gouvernement.

[3Le Moniteur, 25 mars 1848 (texte de la convention).

[4Ce qui ne l’empêchera pas de voter contre le "droit au travail".

[5La journée du 13 juin 1849, insurrection "montagnarde" dirigée par Ledru-Rollin, les insurgés comptaient sur l’appui des démocrates de Saône-et-Loire et en particulier du Creusot, qui ne bougea pas, Voir sur cette journée un texte inédit de Karl Marx dans la Pensée n° 65, janvier 1956.

[6"Commission du Gouvernement pour les travailleurs", formée après la Révolution de février 1848 et siégeant au, Luxembourg, qui réalisa quelques réformes et arbitra les conflits du travail à Paris.

[7Régent de la Banque de France. premier président du Conseil d’Administration de la "Société Générale" créée en 1864.

[8A.-P. Deseilligny : De l’influence de l’éducation sur la moralité et le bien-être des classes laborieuses, pp. 244 et 268, Hachette, Paris, 1869 (Couronné par l’Académie française). Souligné par nous.

[9L. Reybaud : Rapport sur la condition des ouvriers en fer : Creusot, p. 23, Paris, 1867.

[10J.-B. Dumay : Un fief capitaliste, Le Creusot, p. 12, Paris, 1882

[11On compte toutefois 20 % d’abstentions.

[12Exilé après la Commune à Genève jusqu’en 1871, il revient militer au Creusot de 1879 à 1882 puis à Paris dans le parti possibiliste. Il sera député de Belleville de 1889 à 1893. Parti d’un état d’esprit de révolté anarchisant, il évolue vers le socialisme au cours des années 1870-1871, sous l’influence de Benoit Malon, mais sans jamais se rattacher à un courant idéologique précis.

[13Le Grelot-Le Sifflet (les deux journaux se sont fondus après l’interdiction du second). Dijon, 18 décembre 1869.

[14Il faut, bien entendu, — ce qui n’était pas notre objet ici, replacer les luttes qui vont suivre dans le cadre des conditions nationales. Les ouvriers du Creusot en 1870 n’ont presque pas de traditions de lutte, car leur origine ouvrière est encore toute récente et ils vivent à l’écart du mouvement ouvrier national. Cependant ils vont bénéficier de tous les progrès de ce mouvement, et notamment de l’obtention du droit de grève en 1864.




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