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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Premier mai 1916
Le Réveil communiste-anarchiste N°434 – 1er Mai 1916
Article mis en ligne le 5 janvier 2018
dernière modification le 1er janvier 2018

par ArchivesAutonomies
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Dans notre manifeste pour le Premier Mai 1912 nous disions :

Travailleurs des villes et des campagnes,
La situation devient tragique. La société bourgeoise vit de plus en plus pour la guerre ; elle avoue que sa tâche la plus importante est de s’y préparer, de sorte, qu’au mépris de toute raison et de toute justice, nous pourrons être envoyés par centaines de mille à la boucherie et qu’actuellement déjà nous assistons à un gaspillage effréné de millions et de milliards qui est une insulte et un défi à la misère des masses, en même temps qu’une abominable folie. Un régime qui ne peut s’arrêter dans cette course aux armements est un régime condamné, car il ne trouve plus sa raison d’être dans les œuvres de vie, mais uniquement dans l’œuvre de mort. Quel est donc ce prétendu ordre dont la suprême expression est la guerre, la destruction et le massacre ? Et que peuvent bien vouloir dire toutes les soi-disant réformes promises au peuple, si nous allons au déchaînement de la plus monstrueuse et de la plus inique barbarie ? Après avoir hésité à défendre tant soit peu énergiquement nos droits les plus légitimes, soutiendrons-nous les armes à la main les plus odieux privilèges du monde capitaliste ?

C’était là, on ne l’a que trop vu, le langage de la vérité. Malheureusement le peuple, même dans ses éléments les plus avancés, avait lui aussi sa "politique réaliste" de lois sociales, de revendications syndicales, d’entreprises coopératives, changeant en forces d’adaptation les forces d’opposition. A la menace de la plus terrible catastrophe de tous les temps, "le prolétariat conscient et organisé" ne savait répondre que par des vœux et des protestations verbales, tout en se déclarant prêt à obéir aux ordres des massacreurs.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous nous refusons à demander le remède aux institutions mêmes d’où viennent tous les maux que la guerre a infiniment accrus.

Aussi longtemps que le monde entier ne sera qu’un champ ouvert à la conquête et à l’accaparement de l’exploitation capitaliste, s’appuyant sur les forces militaires d’Etats rivaux, nulle paix durable ne sera possible.

Et aussi longtemps que la plus grande partie de la richesse et ses principales sources seront monopolisées par une nouvelle féodalité financière la situation économique du monde du travail demeurera précaire.

C’est donc à un nouvel ordre de choses qu’il faut demander la justice — le triomphe de l’intérêt de tous sur celui de quelques privilégiés.

Aux soldats de tous les pays, envoyés à toutes les frontières, il a été surtout parlé d’un bien commun. Préparons-nous à le réaliser avec les rescapés à leur retour. Le sol et le sous-sol, l’outillage industriel et agricole, les matières premières, les voies et moyens de communication, les habitations, tout doit être à tous. Après la conscription des hommes pour la mort, la conscription des biens pour la vie.

Ce n’est pas uniquement pour la propriété des pays envahis qu’il doit être question d’indemnité. L’humanité toute entière doit s’indemniser des plus terribles ravages qu’elle ait jamais subis, et elle ne le pourra qu’en transformant la propriété.

Aux grands maux, les grands remèdes. Il serait absurde de penser pourvoir à la nouvelle situation faite au monde ouvrier par quelques réformes anodines. Le régime bourgeois est devenu à son tour un ancien régime ; les monstrueux privilèges qu’il représente doivent finir avec la grande crise de la guerre.

Travailleurs,

Haut les cœurs et songeons à la tâche immense qui nous attend. Notre grande faute a été notre passivité. Brisons-la et sachons vouloir et agir.
Vive la solidarité des peuples !
Vive la paix par le communisme !
Vive la révolution sociale !

Groupes Révolutionnaires de la Suisse romande.




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