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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Guerre et révolution - Frédéric Stackelberg
Le Réveil communiste-anarchiste N°424 – 4 Décembre 1915
Article mis en ligne le 5 janvier 2018
dernière modification le 1er janvier 2018

par ArchivesAutonomies
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Voilà seize mois que dure cette guerre scélérate et on ne voit encore aucune issue à cet enfer.

Une des raisons, et certainement pas la moindre, est dans la mentalité de la plupart de nos contemporains qui, pour ce qui concerne la guerre, est restée de proie et de meurtre comme celle de nos ancêtres du moyen-âge et de l’antiquité.

La Religion, c’est-à-dire la fourberie hypocrite et astucieuse et la Propriété, c’est-à-dire le vol organisé et codifié sont à la base du tien et du mien, de la contrainte et de la conquête, d’où est sortie cette dernière et sanguinaire division entre les hommes : la Patrie.

Le patriotisme moderne, anémie du cerveau, explique la guerre par des causes extérieures en attribuant invariablement tous les faits et tous les crimes au patriotisme voisin et aux différences ethniques justifiant les haines qui séparent les peuples et les races.

Dans ces conditions, naturellement, toute guerre est une guerre défensive et plus on tuera d’ennemis mieux cela vaudra.

C’est la morale d’assassinat et d’extermination qui vaut déjà à l’Europe, pour un an de guerre, plus de dix millions d’hommes hors de combat, morts et estropiés, sans compter les millions d’autres victimes causées par la misère et la maladie.

Or, cette explication est fausse et intentionnellement mensongère.

La guerre n’est pas due à la méchanceté des hommes ni à l’incompatibilité d’humeur des peuples et des races de plus en plus mélangés.

Sa cause unique réside dans les conditions sociales inhérentes à la structure économique des sociétés, et son but principal consiste à détourner, au profit d’une infime minorité de possédants et de maîtres, les trésors de combativité humaine aiguillés vers l’affranchissement et l’abondance de tous.

Dans notre belle société, les riches vivent, en moyenne, de 60 à 70 ans, tandis que les pauvres meurent entre 30 et 40.

Et il n’y a pas pénurie de subsistances et même dans l’état actuel des choses, la terre produit deux fois et plus ce qu’il faut pour nourrir, loger et vêtir tous ses habitants.

C’est contre ce crime social que nous nous élevons.

Le remède à cette iniquité séculaire, aggravée par le capitalisme qui est sa forme dernière et perfectionnée, n’est ni dans la guerre ni dans le massacre, il est œuvre de vie, de coopération, de socialisation et de production communiste.

Et si pour atteindre ce but lumineux, la légitime défense de l’intérêt de tous et la voirie sociale exigent l’élimination par la force de quelques milliers de rois, aristocrates, bourgeois, patriotes professionnels et autres agents de mœurs, toute hésitation serait un crime.

La vie de quelques milliers de forbans ne saurait être mise en balance avec l’existence et le bien-être de millions et de millions d’êtres humains.




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