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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Vive Cottin - R. Philippon
La Jeunesse Anarchiste N°8 - 15 Décembre 1921
Article mis en ligne le 24 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Jeune, écoute ceci : il y a quelques dizaines d’années les jeunes avaient remué des idées contre lesquelles la force brutale du conservatisme est venue émousser toutes ses armes sans parvenir à en arrêter la marche !

Quelques jeunes gens se mirent en tête de rompre avec les vieilles routines électorales ; tout ce qui sentait la politique fut mis de côté pour faire place à l’esprit de critique, à la propagande révolutionnaire.

Ils furent quatre, puis dix, puis quinze — le demi-quarteron ! puis cent, puis mille. Enfin ils étaient devenus le Paris remuant, ils étaient l’agitation, le mouvement impersonnel. C’est-à-dire qu’ils étaient personne et qu’ils étaient tout.

Ils décentralisèrent l’initiative de la propagande en jetant à pleines mains, sans compter, l’esprit de révolte et l’idée libertaire. La bourgeoisie gouvernante persistant à faire autour d’eux la conspiration du silence, ils l’obligèrent à en sortir, pour cela, ils n’hésitèrent pas à passer de la parole aux actes, forçant la réaction à désarmer.

Ils sortirent Rousset des geôles, ils vengèrent Ferrer.

Jeune qui m’écoute, réfléchis à ceci : ce que tes aînés ont accompli, ne serais-tu pas capable, à ton tour de le réaliser ?

Les jeunes de cette époque ne se nourrissaient pas de souvenirs, de verbalisme ou de statuts. Ils agissaient. Ils descendirent dans la rue, ils protestèrent énergiquement, ils imposèrent leur droit à la vie, leur volonté de voir à jamais disparaître les prisons où agonisent lentement tant de courageux Cottin.

Ce qu’ils ont fait, serions-nous inaptes, nous qui sommes riches de leur enseignement, à le matérialiser à notre tour ? Je n’ose le croire.

Dans la situation où nous sommes, les discours, les meetings sont superflus. Un homme souffre : Cottin, il nous faut le sauver par tous les moyens. Chaque journée d’emprisonnement pour notre ami, c’est, en même temps qu’un pas de plus vers sa mort, une insulte permanente à notre idéal, à notre raison, à notre foi.

Tolérerons-nous cela ? C’est impossible.

Il nous faut, dès maintenant, entreprendre une action virile, coordonnée, pour qu’elle soit efficace. Nous nous devons d’employer tous les moyens pour faire cesser ce scandale.

Comptons sur nous-mêmes, et dans ce but, jeune, nous te demandons de nous aider dans notre tâche si grandement humaine : le sortir, le rendre à la vie.

Cette action nécessite une énergie indomptable, une conviction absolue. Si la solidarité n’est pas un vain mot pour toi, tu répondras à notre appel, nous en sommes persuadés, et, unissant tes efforts aux nôtres, tous ensemble, nous délivrerons Cottin en démolissant les prisons, ou le vengerions si par malheur nous étions arrivés trop tard.




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