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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Principes - Octave Dubois
Le Réveil socialiste-anarchiste N°1 - 7 Juillet 1900
Article mis en ligne le 29 septembre 2017

par ArchivesAutonomies
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"Ce n’est pas d’aujourd’hui que la question sociale préoccupe les esprits. Depuis les temps les plus reculés, le spectacle de la misère et de l’injustice éveille chez les penseurs le désir de voir s’établir entre les hommes des relations plus justes et plus fraternelles."
De tous temps, également, ces penseurs, tant ouvriers qu’intellectuels, ont cherché à donner à leurs efforts de rénovation sociale le plus de force possible, ce qu’ils n’ont obtenu que par le libre groupement. C’est un même sentiment qui doit nous pousser à nous unir, nous libertaires, dans le but de hâter la disparition de cette société de douleur universelle.
Le maximum de résultat dans cette mêlée sociale ne nous paraît être obtenu que si l’action est basée sur des faits précis, sur la raison ; il nous paraît nécessaire aussi que notre activité se manifeste dans toutes les branches des connaissances humaines, qu’elle tende au beau, au juste, à l’harmonie de tous les êtres ; et notre socialisme sera rationnel et intégral.
L’Internationalisme nous semble l’un des efforts les plus immédiatement nécessaires, effort contre les armées dont la force est au service des maîtres de tous genres, effort contre cette entité vague, cette fiction dangereuse qu’est la patrie. Ce qui nous permet de poser en principe l’internationalisme, c’est le fait qu’il nous est impossible de saisir les différences subtiles qui distinguent les patries les unes des autres. Ni les sciences, ni les lettres, ni les industries ne peuvent être vraiment nationales. Chaque continent, chaque peuple, chaque contrée, chaque individu a travaillé dans la mesure de ses forces positives ou négatives — au développement général de l’humanité. Une intelligence essentiellement nationale est inconcevable, et dès lors les frontières doivent tomber, affranchissant l’ouvrier de la livrée militaire avec son cortège de maux.
Quant à la Communauté des biens, elle nous paraît d’autant plus logique, que jusqu’à présent personne n’a pu avoir la prétention d’être le créateur de quoi que ce soit.
Les idées mêmes, comme le démontre la psychologie, ne peuvent être innées, et ne sont que les résultantes nécessaires de toutes les forces antérieures depuis les temps immémoriaux, de même que leurs effets se perdent dans l’infini des âges. La propriété est donc un non-sens, et c’est ce qui nous permet de dire que "tout est à tous", ou plus complètement : "De chacun selon ses aptitudes, à chacun selon ses besoins".
L’Individualité des personnes seule rendra supportable les inégalités physiques et intellectuelles. Car l’autorité d’un être sur un autre n’existe pas dans la nature ; sur quoi se baserait-elle ? Prétendre que tel individu est inférieur à tel autre, et par là-même incapable de se diriger seul n’est pas une réponse, car en somme il n’existe par l’évolution que des différences de développement. Chaque être n’est que ce que la nature en a fait, et ces différences de développement ne peuvent se compenser plus ou moins complètement, ne peuvent disparaître plus ou moins partiellement que par la raison et par une sage thérapeutique ; jamais par la force en tant qu’autorité.
Quant à ceux qui craindraient cette manifestation de l’individu laissé à lui-même, cette direction du moi par le moi, nous dirons que dans toute association dont le fonctionnement n’est pas vicié, l’intérêt de l’individu est partie constituante de l’intérêt commun ; chaque être luttant normalement pour la vie lutte pour toute l’espèce, et réciproquement.
Est-il besoin d’ajouter après ces considérations que la suppression de tous dogmes, la négation de toute autorité doit être la base des relations humaines ? Non, car ce qui précède n’est que le développement de cette dernière idée.
"En un mot, la liberté individuelle doit se substituer à la contrainte sous toutes ses formes."
Alors seulement, prendra fin l’antagonisme destructeur des classes et des personnes.
Alors seulement, pourra s’épanouir l’Humanité dans une saine et bienfaisante solidarité.
C’est ce que nous voulons.




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