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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Une révolution nécessaire
Révision n°5 - Juin-Juillet 1938
Article mis en ligne le 6 juillet 2016
dernière modification le 4 septembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Il faut se demander combien d’expériences seront encore nécessaires pour tuer l’idée du parti-messie chez les militants révolutionnaires.
La décomposition et la trahison des partis existants s’étalent tous les jours, et les dupés d’hier ne songent qu’à une seule chose : en rebâtir un nouveau, qui cette fois, échappera à toutes les tares des précédents.
Cette conception pourrait se défendre si ses partisans se montraient réservés et prudents, mais il semble, au contraire, que plus les faillites s’accumulent, plus ils idéalisent leur mythe.
Un psychanalyste pourrait expliquer ce curieux phénomène, mais il ne faut pas fouiller longtemps pour s’apercevoir que le patriotisme d’organisation pourrit les rares groupes ou individus qui conservaient la tête froide.
Il n’est pas un parti ligue ou tendance qui ne cache en son sein les ares dénoncées chez les adversaires. Partout, les oligarchies et les bureaucraties agissent au nom des adhérents trompés, en bafouant les principes dont la défense et la propagation leur assurèrent le pouvoir.
Semblable situation n’aurait rien de bizarre si les cocus d’en bas ne s’en faisaient les apôtres et les laudateurs.
Profiteurs et dupés font le front unique pour déclarer qu’il y a des vérités publiques et des vérités pour initiés, les dupés prenant une hypothèque sur leur ascension au grade d’initié. Au total, les luttes sociales se mènent suivant une tactique qui nécessite une clef ou un code pour devenir compréhensible.
En fin de quoi les stratèges politiques et syndicaux s’étonnent un beau jour de la disparition des effectifs, ou se trouvent atterrés par une réalité plus forte que leurs calculs à la petite semaine.
Le révolutionnaire qui appelle les choses par leur nom et essaie de retrouver ses eux de débutant devient suspect. La question : "Par qui est-il payé ?" fait aujourd’hui partie de l’arsenal des arguments socialistes.
Il serait temps, pour le mouvement ouvrier, de se prêter à un traitement de désintoxication.
Il serait temps, pour les militants des J.E.U.N.E.S, de dire publiquement que leur leader Jean Nocher est un dangereux rigolo. Ce qu’ils pensent tous.
Il serait temps, pour les socialistes révolutionnaires, de dénoncer dans leurs propres rangs les tares qui furent à l’origine de la dégénérescence de la S.F.I.O. La social-démocratie n’est pas que dans les programmes.
Il serait temps, pour les trotskystes de tous les pays, de parler du Trotsky de Cronstadt, et pas seulement du Trotsky créateur de l’Armée Rouge.
Il serait temps pour les anarchistes de montrer la même sévérité envers leurs politiciens qu’envers les politiciens avoués.
Il serait temps de dire ce que l’on pense et de penser ce que l’on dit.
Première révolution à accomplir chez les révolutionnaires.

Révision


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