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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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La police infiltrée par les Black Blocs... ...ou le contraire ?
Article mis en ligne le 15 mars 2013
dernière modification le 5 juin 2013

par ArchivesAutonomies
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Ce que les événements de Gênes ont mis en crise c’est l’absurde croyance aveugle des classes moyennes envers la démocratie. Ce qui a été remis en question à Gênes c’est la pratique de la "gauche de la gauche" ("le peuple de Porto Alegre", la fraction mouvementiste de la social-démocratie, le Ministère Européen délégué à la manipulation et au contrôle des "mouvements sociaux") qui consiste à utiliser la révolte réelle des "masses" contre le système capitaliste, pour servir dans la guerre inter-impérialiste, Socio-Européens contre Libéralo-Américains.
L’affirmation gratuite de l’infiltration des Black Blocs par la police veut nous masquer les enjeux qui ont été posés pendant et depuis Gênes. A savoir transférer le débat, qui porte sur le dilemme gestion citoyenne du capitalisme [1] ou transformation radicale (révolution ?), sur la question subsidiaire et afférente violence/non-violence.
Casarini (porte parole des Tute Bianche) a déjà tranché, puisqu’il déclare le 22 juillet : "nous devons combattre sur deux fronts, contre la répression policière et contre les violents", évidemment, pour lui il s’agit de combattre "démocratiquement" la répression, et d’affronter "la fraction violente" à coups de manche de pioche

Ce sont les Tute Bianche et le GSF qui ont décidé de clouer le mouvement dans cette impasse en pratiquant la bonne vieille méthode stalinienne, la calomnie, affirmant sans en apporter aucune preuve que les Black Blocs seraient manipulés par les services secrets.
Ce mensonge a une triple fonction :
— disqualifier comme "extrêmement dangereux", "sujets à toute les manipulations" (toujours et partout), tout ceux qui posent de façon radicale et pratique la question du renversement de l’ordre du monde (de manière violente ou non-violente) ;
— renforcer la croyance selon laquelle l’action directe auto-organisée serait inatteignable : cela serait affaire de spécialistes ou de flics (de sujets mythiques, mais en tout cas pas de "tout un chacun") ;
— ramener l’ensemble des pratiques, et donc des théories, dans le cadre du jeu démocratique : les calculs politiciens, la délégation aux leaders.
Dès le 20 juillet au soir, les "leaders du mouvement" (Casarini des Tute Bianche et Agnoleto du GSF) déclaraient qu’ils avaient des preuves irréfutables de la collusion entre Black Blocs et police, que ces preuves étaient en lieu sûr. Ils dévoilaient une photo et un film vidéo.
— La photo : sept personnes en civil, agressifs, qui gardent le portail entrouvert d’une caserne de carabiniers. L’un est armé d’un bâton, un autre est casqué (casque de moto) et deux d’entre eux ont le visage masqué par un foulard. Il s’agit de carabiniers qui sont sortis en civil pour protéger leur caserne au passage de la manif, d’ailleurs les deux foulards sont des foulards d’uniforme en dotation chez les carabiniers, facilement reconnaissables.
— La vidéo : sur une place tout à fait calme, un type balèse - blue-jean, T-shirt noir, un foulard blanc (un bout de drap visiblement) sur le bas du visage, un manche de pioche à la main - discute avec un flic en tenue anti-émeute. Le premier est un flic en civil, indéniablement. Deux jeunes en scooter s’arrêtent à leur hauteur et leur adressent la parole, puis repartent. C’est tout ! [2]

Des appels à témoin sont lancés par tous les "leaders" du "peuple de Seattle" : il faut à tout prix des preuves, des témoignages, des dépôts de plaintes (sic) pour prouver la collusion Black Blocs/police. Tous les journaux reproduisent cet appel, les télés s’en font l’écho, des sites internet sont ouverts à cette fin.
Cette assurance dans le ton et ce martelage médiatique ont atteint leur but, ça y est la manipulation des "violents" est considérée comme acquise, presque un "fait historique".
Plus le mensonge est gros et plus il se pose comme une évidence qui n’aurait pas besoin d’être étayée par des faits. Impossible de parler de Gênes avec qui que ce soit sans que l’on entende : c’est prouvé, les Black Blocs étaient infiltrés. Prouvé par qui, par quoi ? On ne sait pas.Et chacun de raconter son anecdote. Pour ma part j’en ai entendu des salées, mais absolument jamais une seule de sérieuse. "J’ai bien vu que les premières personnes qui ont chargé les flics sur la place Kennedy n’étaient pas masquées, c’est bien la preuve que c’étaient des flics", j’imagine que s’ils avaient été masqués cela aurait également constitué une preuve.
Je suis allé éplucher les "témoignages" recueillis sur internet et j’ai remarqué que tous les récits faits à la première personne, dès qu’ils abordent la question des "violents", deviennent indirects (on m’a dit que… des gens m’ont dit qu’ils avaient vu que… je sais de source sure que… etc.) et généraux (on ne précise jamais le lieu ni le moment). Beaucoup, par ignorance, ne décrivent que l’activité classique des flics en civil : infiltrer les cortèges pour renseigner et éventuellement procéder à des interpellations (j’ai vu des flics en civils traverser le rang de flics en uniforme, j’ai vu des flics en civil portant des bâtons, etc.). Quand ce n’est pas un mélange des deux : "on m’a dit que quelqu’un avait vu des civils charger des bâtons dans un fourgon de flic".

On trouve surtout des délires paranoïaques [3] :
— l’un a vu des casseurs vêtus de noir parler avec un type habillé avec des vêtements clairs ;
— plusieurs témoignages font mention de gens habillés en noir qui se cachent pour changer de vêtements et se fondre dans la foule ;
— beaucoup s’étonnent que les "casseurs armés jusqu’aux dents" aient pu traverser les frontières avec "tout leur matériel"… (oui, toutes ces pierres qu’ils ont ramenées d’Angleterre et ces bâtons qu’ils ont taillés dans la Forêt Noire !) ;
— plus nombreux encore sont ceux qui, ayant tellement intériorisé leur impuissance, trouvent probant que "les violents arrivent à s’en tirer" alors que les pacifistes (qui refusent de s’enfuir devant les charges de police) se font matraquer ;
— un perspicace a reconnu des "nazi-skin" à leur "crâne rasé".

On trouve quelques faits troublants, mais assez délirants et très peu étayés (en fait des mensonges grossiers), quand on dit des grosses conneries on s’arrange pour le faire dans le style indirect (on m’a dit que) :
— "des amis belges m’ont dit avoir vu un groupe de Black Bloc avec des transmetteurs et des microphones installés dans leur casque de moto, ils se déplaçaient de manière coordonnée après avoir reçu des ordres via les transmetteurs…" ;
— "j’ai échangé quelques mots avec un gars du Bici-G8 […] il me dit avoir vu des policiers [en uniforme] casser des cabines téléphoniques…" ;
— "des témoins directs ont déclaré avoir vu des Black Blocs parler tranquillement avec la police…".

Des témoignages criants de vérité (mais pas d’intelligence) :
— "pour repartir de Gênes, les trains étaient complètement désorganisés et volontairement désorganisés pour augmenter la tension […] il y a eu de l’obstructionnisme de la part des cheminots, eux aussi alignés sur la stratégie de la terreur…" ;
— [dans le cortège pacifiste, aux abords de la zone rouge] "un jeune homme commence à insulter les policiers en allemand. […] Je le regarde dans les yeux et je lui demande pourquoi il fait ça. Aucune réponse. Il continue imperturbable. […] Il s’éloigne […] Je le suis, lui tape sur l’épaule et lui demande comment il s’appelle. Il ne me répond pas […] me dit de ne pas le toucher. […] Il s’en va. Toute relation est impossible, il est clair qu’il récite un rôle. [… le lendemain] B. me dit "regarde, ce sont des types du Black Bloc qui descendent de cette camionnette". […] Parmi eux il y a le type [que j’ai vu la veille], maintenant c’est clair : ce n’est pas un manifestant."

Ce qui me stupéfait c’est que ce vieux tour de passe-passe stalinien fonctionne aussi bien, y compris dans "nos" rangs. De nombreux camarades qui ont participé aux Black Blocs à Gênes me disent en gros : "il n’y a pas de fumée sans feu, si autant de gens l’affirment, cela est certainement vrai. Qu’il y ait eu une poignée de provocateurs ne change pas grand chose à l’affaire vu que ce sont des milliers de personnes qui ont participé aux affrontements".
En dehors de toute considération sur le rôle de la "vérité", ce point de vue me semble dangereux car il ne prend pas en compte le rôle stratégique que cette calomnie occupe. Ce mensonge va jouer un rôle prépondérant dans les débats qui vont suivre la "fracture de Gênes", un rôle de disqualification à priori de toute prise de position radicale. De plus ce mensonge joue un rôle également (et paradoxalement) dans le dispositif répressif qui va se mettre en place contre les "violents". Paradoxalement parce que, suivant une étrange logique, si les Black Blocs sont de mèche avec les flics il n’y a aucune raison de leur affirmer une quelconque solidarité. Sans remarquer la contradiction : si les Black Blocs étaient de mèche avec les flics, ils ne subiraient pas la répression.
Déjà cette logique a servi à mettre en place des instruments de délations, des sites internet ("Notre recueil de témoignages et de plaintes sur les violences visent autant les forces de l’Ordre que les groupes d’extrémistes violents. Si nous pouvions aider à mettre en prison ceux qui ont dévasté des rues entières de Gênes nous en serions très heureux : les violents sont nos ennemis" - Peacelink).

Certains qui, jusqu’à présent, pouvaient passer pour "être du mouvement", ont d’ores et déjà choisi de se positionner contre les "forces du désordre", de rajouter à la confusion en alimentant la calomnie. Par exemple Serge Q. qui aurait "remarqué un trio de types masqués, sportifs à la petite quarantaine qui s’agitaient beaucoup et que les autres BB, manifestement évitaient." [4] Ce ne serait que bouffon si notre ex-camarade n’était pas conscient que ce sont ces genres de saloperies qui ont permis de former les pelotons d’exécution tout au long de l’histoire du stalinisme.


Je joins ici quelques éléments afin de comprendre quels sont les enjeux et la situation en Italie.

1- Les Tute Bianche
Les Tute Bianche ne sont pas des "autonomes", à moins de considérer que Serge July est toujours maoïste et Jospin trotskiste. Ce ne sont que (sous diverses appellations) des ex de l’Autonomia Operaia, héritiers de la dissociation, ayant virés au gauchisme (type trotskard) dans les années 80 et qui, depuis dix ans, pratiquent l’entrisme chez les Verts et le PCI (refondation). Une sorte de Gauche Socialiste, un mélange entre SOS racisme, Motivé et Droit Devant, pratiquant tant un simulacre d’action directe médiatique que l’organisation de méga-concert frites-merguez.

Les Tute Bianche constituent en premier lieu une très grosse entreprise commerciale, avec les plus grosses salles de concert et les plus grands débits de boissons du pays (accompagné bien sûr du monopole des substances illicites qui se vendent dans leurs "espaces libérés", libérés de tout sauf du rapport marchand). Un "Centre Social" Tute Bianche est un hybride entre le Zénith (pour la taille et le SO) et un bar branché de la rue Oberkampf (pour les rapports sociaux qui s’y développent), c’ est un lieu auprès duquel la moindre MJC de banlieue passerait pour un antre de la subversion. Leur énorme richesse financière s’accompagne évidemment d’un système de clientèlisme puisqu’elle représente un nombre considérable d’emplois salariés.

Les Tute Bianche sont une institution (aux deux sens du terme) elles sont complètement imbriquées dans la gauche parlementaire, elles possèdent des conseillers municipaux dans certaines grandes villes et font partie de la majorité municipale aux côtés de la coalition de l’Olivo (ex-communistes, démocrates chrétiens de gauche, verts, centre gauche). Aux élections les Tute Bianche appellent à voter PC(refondation).

Les tute Bianche, pour tout ce qui précède et aussi pour leurs pratiques staliniennes du manche de pioche à l’encontre des radicaux [5] réussissent à faire l’unanimité du mouvement contre elles. Chose intéressante puisque la critique de leur crapulerie tend à produire une radicalisation et une homogénéisation de l’ensemble du mouvement, dans un espèce de "front du refus". A tel point qu’au rassemblement de Naples en avril, où l’on a vu pour la première fois depuis dix ans des assemblées communes autonomes, anti-impérialistes et anarchistes (insurrectionnalistes ou non), les Tute Bianche on été exclus de la manif.

Ceci étant posé, les Tute Bianche étaient en osmose avec le GSF (un autre nom d’ATTAC-international, c’est à dire de l’Internationale Socialiste) et elles ont formé un cortège commun avec les jeunesses communistes (refondation) et la LCR [6]. La "stratégie" de tout ce beau monde était de faire massacrer leurs troupes pour se poser en victime devant les caméras et ainsi dénoncer la violence unilatérale de l’Etat ("créer du consensus" comme dirait le lèche-botte Casarini). Ceci au seul profit électoraliste de la gauche qui a intérêt à diaboliser Berlusconi (ponctuellement, car ils peuvent être copains comme cochon). Leur illusion a été de penser qu’ils allaient pouvoir rejouer l’affrontement simulé (et négocié auparavant avec la police, comme ils avaient l’habitude de le faire avec la gauche [7]), franchir les cordons de flics par un usage modéré de la force et que ces derniers réagiraient avec une violence proportionnée, reconnaissant avec fair-play leur défaite (?).

L’ "objectif militaire" étant posé, regardons maintenant l’objectif politique, le discours. Contrairement à ce que beaucoup croient en France, le discours des Tute Bianche n’est en rien différent du discours social-chrétien que l’on peut trouver dans Le Monde Diplomatique, mélange de démagogie et de bons sentiments : abandon de la Dette (on aimerait bien savoir ce que ça va changer pour les prolétaires de l’hémisphère sud, que leurs dirigeants s’en mettent encore plus plein les fouilles), taxe Tobin et citoyennisme à tout crin. Des conneries du genre "les 8 grands qui dirigent la planète et que l’on va influencer".

2 - Les Black Blocs à Gênes
Pour ce qui regarde la fraction radicale, les nombreuses discussions préalables ont mis en lumière deux approches différentes. D’un côté ceux qui voulaient coller au mouvement et donc participer à l’attaque de la "zone rouge", mais avec du matériel et des méthodes adaptées, de l’autre ceux qui pensaient que cela signifiait rentrer dans un piège, non seulement militaire mais aussi politique (le capitalisme est un échafaudage de rapports sociaux et de dispositifs et non pas 8 chefs d’Etat qu’il faudrait changer). Les propositions de porter l’attaque sur divers objectifs symbolisant l’Etat et le Capital furent bien accueillies, en revanche celle de mettre une raclée aux journalistes a soulevé des objections.
Tous ont cependant fonctionné solidairement. Le Black Bloc, constitué principalement par les étrangers, a rejoint les autonomes et anarchistes des Centre Sociaux au lieu où ils s’étaient fixé rendez-vous (à midi, place Nuovi) et où nous attendions les trains du Sud Rebelle. Les cortèges (1500 des Black Blocs et 2000 des Centres Sociaux) ont fusionné. Mais le retard des trains a eu raison de notre patience et après les premières banques attaquées les charges de flics (vers 12h 30) ont fait que 500 d’entre nous se sont perdus sur le front de mer. Ils ont rejoint les COBAS (syndicat de base) qui les ont acceptés (malgré quelques tensions) dans leur cortège, ont attaqué une caserne, monté des barricades et ont réussi à rejoindre la zone-est deux heures après. Durant ce temps, le gros de la troupe, poursuivie par la flicaille et des nuages de lacrymogènes est parvenue à occuper une zone d’à peu près 1 km2 autour de la Piazza Giusti [8] en bloquant un tunnel et en dressant systématiquement des barricades partout où cela était nécessaire [9].
Alors que nous étions continuellement rejoint par de nouveaux groupes de manifestants et des jeunes prolétaires du coin (des "casseurs"), une épicerie, un tabac, un magasin d’accessoires de moto et une station service (qui n’a pas pu être mise en route pour fabriquer des molotovs mais où nous avons trouvé des ballons, ce qui nous a permis d’improviser quelques parties de Foot) ont été pillés. Tous les édifices administratifs ainsi que les banques ont étés saccagés.Cela faisait déjà deux heures que nous combattions et courions, alors nous avons pris quelques répits et pique-niqué (en oubliant de payer l’addition, il est vrai).De là, un cortège s’est formé pour partir à l’assaut de la "zone rouge", et un autre pour attaquer la prison, de nombreux camarades restaient à l’arrière pour garder les barricades.
Après avoir mis les carabiniers en déroute, le groupe d’assaillants de la prison a incendié le bâtiment administratif puis a été obligé de se replier vers l’Ouest, les renforts de flics ayant réussi à le couper de sa base arrière. Il s’est donc retrouvé dans la zone dévolue aux pacifistes où les flics l’ont poursuivi. Finalement, il s’est dissout pour revenir, "en civil", vers la Piazza Giusti.
Vers 16h les affrontements se concentraient au sud-est de "notre" zone (Corso Torino, Piazza Alimondi) où luttaient au coude à coude, Black blocs, autonomes, anarchistes, racailles et Tute Bianche de base (au grand dam de leurs chefaillons qui couraient partout en tentant désespérément d’arracher les pierres et les bâtons des mains de "leurs" petits soldats).
Cette bataille a débuté vers 15h et a duré plus de trois heures, les flics en ont pris pour leurs grades, plusieurs fois ils ont dû battre en retraite, laissant des fourgons à la proie des flammes… pour s’achever par l’assassinat de notre compagnon Carlo (à 17h30). Il n’y a rien à raconter sur ce fait que vous ne sachiez déjà.

Ensuite ce fut l’amère défaite…

En guise de conclusion
Aujourd’hui en Italie, la rupture entre tenants de la participation citoyenne au capitalisme et mouvement radical est consommée. Alors que les "de gauche" continuent leur œuvre de criminalisation, la principale activité actuelle du mouvement s’est recentrée sur la solidarité avec les emprisonnés de Gênes. La campagne de diabolisation du Black Bloc n’a pas fonctionnée puisqu’anarchistes et autonomes travaillent ensemble contre la répression.
A Venise, les Tute Bianche ont d’ores et déjà attaqué à coups de manche de pioche un stand de solidarité.
Pas de doute, qu’en France aussi les débats vont être âpres. Il doit être clair que la rupture est inévitable à très court terme, autant "la gauche de la gauche" a l’intention de donner toujours plus de gages de respectabilité au Pouvoir, autant il est exclu que le mouvement radical se contente du rôle de mercenaire au service du jeu politicien. La seule question est de savoir dans quel camp chacun va se ranger. Qui d’entre les soi-disant "anti-capitalistes" va considérer que sa tâche prioritaire est de déclarer la guerre aux subversifs ?

Notes :

[1Pour une documentation plus complète, cf. les débats en cours sur http://web.tiscalinet. it/anticitoyennisme

[2Cf., dans Le Monde du 24 juillet, un article qui tourne en dérision cette conférence de presse.

[3Toutes les citations qui suivent sont extraites d’un recueil de témoignage trouvé sur italy.indymédia.org, site proche des Tute Bianche, je n’en ai omise aucune.

[4Dans un texte "Les multiples visages de la révolte globale et la face assassine de Big Brother", où il fait l’apologie des Tute Bianche, dont il aime "la façon de faire respecter leurs propres principes en respectant ceux des autres". Il doit surtout apprécier leurs appels à la délation et leurs pleurnicheries sur la trahison de la gauche. Lire à ce propos le texte "Répression et géométrie euclidienne", traduit et diffusé par Serge Q. sur samizdat.org.

[5A Gênes, l’année dernière, les Tute Bianche ont chargé le cortège qui s’affrontait avec les flics, sans parler des escarmouches quasi quotidiennes ni de la violence débile que peuvent déployer ces "militants" quand ils accomplissent leur tâche habituelle c’est à dire celle de videurs de concert.

[6Sud Ribelle par contre a refusé de fonctionner avec les Tute Bianche, ainsi que la grande majorité des Centres Sociaux italiens. Les autonomes n’ont plus aucuns rapports avec ces gens-là. Voir le communiqués, du Ska de Naples, du 25 juillet où ils affirment "nous sommes tous des Black Blocs" ce qui est le contre-pied des Tute Bianche qui eux réclament à grands cris l’arrestation des "casseurs" et déplorent la faiblesse de la répression à leur encontre.

[7"Quand à l’intérieur des régimes démocratiques se manifestent des mouvements collectifs de contestations, un quota de violence est physiologique et constitue un coût incontournable. Il s’agit de décider si il faut le réprimer de manière indiscriminée, ce quota, au risque de radicaliser la violence et de l’étendre ; ou alors justement "de la contenir". […] Au cours d’une réunion à la préfecture d’une ville du Nord, les responsables de l’ordre public et certains leaders du mouvement [des Tute Bianche] discutèrent pointilleusement et enfin convinrent minutieusement tant du trajet que de la destination finale du cortège. Et nous nous sommes mis d’accord sur le fait qu’il y avait une limite, matérialisée par un numéro de rue, atteignable avec le consensus des forces de l’ordre, et un autre point délimité par un autre numéro de rue plus élevé, non "consenti", mais "toléré". L’espace entre ces deux lignes imaginaires - une centaine de mètres - fut ensuite le "champs de bataille" d’un affrontement non sanglant et presque entièrement simulé (mais il n’apparaissait pas ainsi sur les retransmissions télévisées) entre les manifestants et la police". In La repubblica du 14 juillet 2001, interview de Luigi Manconi, ex responsable du SO de Lotta Continua, porte-parole des Verts jusqu’en 2000, actuellement sénateur du Centre Gauche et sociologue.

[8Contrairement aux Tute Bianche, les radicaux ont évité de pénétrer au cœur du dispositif policier (la zone orange) sans assurer leurs arrières.

[9D’après un ex-camarade (Serge Q.), dresser des barricades et répondre aux lancers de grenades lacrymogènes envoyées à tirs tendus par des jets de pavasse serait "tomber dans le piège de la violence spectaculaire".

P.S. :

Texte paru dans Cette Semaine n°83, sept/oct 2001, pp. 22-25




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