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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Après Gênes
Article mis en ligne le 29 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Il est important de continuer la discussion : le "mouvement" est dans la tourmente provoquée par une répression de type fasciste [1] qui s’est manifestée à Göteborg, en Suède sociale-démocrate, avant d’être systématisée en Italie berlusconienne. Le sous-commandant insurgé Marcos n’avait donc pas tort quand il analysait dans son "Oxymoron", il y a plus d’un an, la formation d’un fascisme libéral, mais, si la pratique policière, à Göteborg et à Gênes, rappelle de vieilles méthodes - fascistes ou staliniennes -, Mumia Abu-Jamal, du fond du couloir de la mort, sait qui mène le carnage : "Pour s’être opposé aux règles du capital, pour s’être opposé à l’empire de la richesse, Carlo Giuliani a été exécuté par les pistoleros du capital."
Du côté des spécialistes et autres experts en globalisation, on s’accorde sur l’origine de la violence et de la répression des manifestations contre le gang des huit.
Susan George, vice-présidente d’Attac, en attribue la responsabilité au "black bloc" : "(...) Aux authentiques Blacks (sic), vous êtes contents de vos manœvresunilatérales, antidémocratiques, de vous être mêlés volontairement aux manifestants pacifiques qui ont été gazés et frappés ; d’avoir répondu aux provocations policières ; d’avoir voulu et cherché leurs sanglante réponses ? Vous êtes contents que, finalement, nous ayons un martyr ? Carlo Giuliani. Il allait à cette manifestation avec ses convictions ; elles n’étaient pas les nôtres, mais nous protesterons contre son exécution." (traduit de "El Pais", 29 juillet 2001).
Klaus Schwab, fondateur et organisateur du World Economic Forum de Davos, après un hommage appuyé aux "manifestations pacifiques", qui "peuvent (...) influencer de manière positive le monde des affaires ainsi que les gouvernements", ne dit pas autre chose : "Les manifestants pacifiques (...) sont frustrés par les agissements d’une faible minorité, dont l’unique objectif est la violence. La mort d’un manifestant était atroce et bouleversante pour chacun d’entre nous. Les anarchistes sont à l’origine de cette mauvaise image véhiculée partout, cela au détriment de la majorité pacifique" ("Libération", 30 juillet 2001).
Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL, Paris) entend répondre à ces accusations et publie, après le texte de deux libertaires sur les manifestations contre le "sommet des Amériques" à Québec, des témoignages et réflexions : sur le "black bloc", satanisé après Seattle déjà ; sur les manifestations de Gênes et leurs composantes.
Car c’est bien à partir de nos luttes, ici, que se développe notre solidarité avec les insurgés, là-bas.

P-S : Quand nous écrivions cela, le détail de l’extraordinaire double page de "El Pais" du 29 juillet 2001 sur le "black bloc" nous avait échappé et, en particulier, les déclarations de M. Cassen, dirigeant d’entreprise ("Le Monde diplomatique") et président d’Attac : cet ami de l’ex-ministre de l’Intérieur Chevènement et de l’ex-délégué interministériel aux migrations (Sami Naïr, qui s’est occupé des sans-papiers pour le gouvernement Jospin) semble en connaître un rayon en manipulation policière. Il est donc convaincu de la "complicité de la police italienne avec le black bloc" (mais il ne dit rien de la police sociale-démocrate scandinave) et, toujours d’après "El Pais" citant Cassen, "Attac va plus loin sur le thème des possibles infiltrations de la police" et croit qu’est en train de s’organiser "une Internationale noire des services (secrets) pour être lancée contre les adversaires de la mondialisation libérale"... La page de ce journal est titrée "Les tentacules d’une terreur internationale", illustrée d’une affiche du black bloc piquée sur Internet et d’une photo de manifestant masqué à Gênes sur fond de voiture en flammes.

cspcl@altern.org
http://ouvaton.org/cspcl/der-info.htm

Notes :

[1Le terme "fasciste" suscite une sérieuse discussion dans l’assemblée du comité de solidarité, certains voient plutôt un "totalitarisme démocratique". La discussion reste ouverte.




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