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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Témoignage d’un policier anonyme
Article mis en ligne le 29 janvier 2014

par ArchivesAutonomies
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Un policier anonyme parle de la “nuit chilienne” du G8 au cours de laquelle a eu lieu le raid sur l’école oú se trouvait le GSF (Forum Social de Gênes). Le journal italien "La Republica" a édité une interview avec ce policier.

Ceci est une traduction d’une première traduction (en anglais, voir www.indymedia.org), donc sûrement pas extrêmement fidèle.

"Je suis désolé de le dire mais c’est vraiment ce qui s’est passé. Je peux toujours sentir l’odeur de ces heures que les manifestants arrêtés ont passé sans pouvoir aller aux toilettes. Mais cette nuit a commencé une semaine avant, quand des centaines d’agent de la police pénitentiaire sont arrivés".
C’est la première fois que quelqu’un de la police qui était sur les lieux parle sur ce qui s’est passé. Notre source affirme que "dans la police, il y a toujours beaucoup de fascisme, nous avons des jeunes gens très influençables et beaucoup d’entre nous ont applaudi à ce qui s’est passé cette nuit là. Mais les violences ont surtout été exercées par la police pénitentiaire".

Et les tabassages systématiques dans l’école ?

"Nous avons fait cela, il y a ceux qui disent que c’était un acte de vengeance, d’autres qui disent que nous avions reçu des ordres directs de Rome : "arrêter à tout prix". Des collègues de Rome étaient avec nous pendant l’attaque. Ce fut une folie de faire cela, pour les victimes, notre réputation et enfin pour les risques d’insurrection que cela aurait pu entraîner. Cette nuit, de nombreux policiers au commissariat central avaient prévenu que si les 20 000 manifestants qui étaient en train de quitter la ville à Brignole étaient mis au courant de ce qui s’était passé on risquait d’avoir à faire face à un soulèvement général.
La transformation des baraquements de Bolzaneto en prison a commencé lundi quand une unité spéciale est arrivée. Dès leur arrivée ils ont pris le contrôle des baraquements Ceux-ci étaient destinés à recueillir les arrêtés du G8, il y avait une infirmerie à l’intérieur.
Le gymnase avait été transformé en centre d’arrivée et d’identification. Les prisonniers arrivaient là, ceux qui avaient des papiers les montraient, ils prenaient les empreintes digitales de tout le monde. Ensuite, les détenus étaient amenés dans une petite maison, spécialement aménagée pour le sommet, où deux grandes pièces servaient de salles d’attente.
Ce qui est arrivé à l’école puis à Bolzaneto fut une suspension des droits, un acte inconstitutionnel. J’ai essayé de le dire à mes collègues mais ils m’ont répondu : "on n’a pas à être effrayés, nous sommes couverts".
Cette nuit là, la porte d’entrée s’ouvrait continuellement, des jeunes gens descendaient des vans et entraient dans le gymnase sous une pluie de coups. Ils les faisaient s’aligner contre le mur et leur cognaient la tête contre le mur. Ils ont pissé sur quelqu’un, d’autres étaient frappés si ils ne chantaient pas des chants fascistes. Une fille vomissait du sang et le chef de la police pénitentiaire la regardait sans rien faire. Ils disaient aux femmes qu’ils allaient les violer avec leurs matraques… mais c’est une perte de temps de vous dire ce que vous savez déjà".

Et vous, et ceux qui n’étaient pas d’accord ?

"Nous n’étions pas beaucoup de mon unité dans la prison, la plupart étaient restés à Gênes dans la zone rouge. Il y avait des gens qui acceptaient ce qui se passait, d’autres qui intervenaient, comme cet inspecteur qui a fait arrêter le passage à tabac d’un homme en disant aux policiers : "vous n’êtes pas à la maison". Et puis il y avait ceux comme moi qui auraient peut-être pu en faire plus et qui aujourd’hui le regrettent et ont honte".

Et si la police pénitentiaire n’avait pas été là ?

"Je ne pense pas que cela serait allé si loin. Notre commandant est un home dur mais de la vieille école, de ceux qui savent ce qu’est l’honneur et qui sait comment éduquer ses hommes, nous l’appelons Rommel.

Qu’est-ce qui est arrivé aux policiers démocrates ?

"Nous sommes toujours nombreux, mais nous sommes à la fois effrayés et honteux".




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